Abul Abbas
CAROLINGIENSDIVERS
12/20/20252 min read
Qui fut la plus grande star de la cour de Charlemagne ?
Le savant Alcuin ?… Le marquis Roland ?... le biographe Eginhard ?... Abul-Abbas ?…
Abul-Abbas ?... Pas très carolingien comme nom… Peut-être un parvenu levantin ayant rallié la cour d’Aix-la-Chapelle ?...
Et pourtant... Il était blanc, il était grand, il était fort, il ne craignait personne et devait faire dans les … 4 à 5 tonnes…
Abul-Abbas : L’Éléphant Blanc de Charlemagne.


Au début du IXe siècle, Charlemagne est à l’apogée de sa puissance. Il est couronné empereur des Romains par le pape Léon III en l’an 800, et règne sur un vaste empire qui s’étend de l’Espagne à l’Allemagne. Sa puissance militaire est impressionnante, ses relations diplomatiques le sont aussi.
En 797 une délégation franque fut envoyée à Bagdad, à la cour du Calife abbasside Haroun ar-Rachid, c’est-à-dire Aaron l’Orthodoxe.
Un marchand juif, parlant arabe et nommé Isaac, était à la tête de cette délégation, qui revint cinq plus tard en passant par le sud de la Méditerranée. De Carthage, elle rejoignit Marseille en bateau, puis Aix-la-Chapelle en remontant la vallée.
Parmi les nombreux cadeaux envoyés par le Calife, se trouvait un éléphant d’Asie albinos, Abul-Abbas, qui, bien évidemment, fit son petit effet sur la cour franque.


Charlemagne
Abul-Abbas, dont le nom est un hommage au fondateur de la dynastie abbasside, fut très utile à Charlemagne pour impressionner ses interlocuteurs, notamment lors de visites diplomatiques.
L’éléphant fut logé à Augsburg en Bavière, mais il s’adapta mal au climat européen et mourut quelques années après. Aujourd’hui on peut encore admirer l’olifant du trésor d’Aix-la-Chapelle qui aurait été taillé dans une des défenses de l’éléphant blanc ou le jeu d’ « échec de Charlemagne », postérieur de 300 ans à l’Empereur, dont les "fous-éléphants" rappellent le cadeau diplomatique venu de Bagdad.


Olifant de Charlemagne
Petite anecdote, que j’ai apprise récemment sur les éléphants domestiques alcooliques et qui a peut-être concerné Abul-Abbas. Pendant des siècles, les occidentaux ne savaient pas comment devaient être nourris ces mystérieux animaux. Ils se tournèrent donc vers les textes des grands anciens et notamment celui d’Aristote, Histoire des animaux, qui stipulait :
L’éléphant (d’Asie) mange en un seul repas jusqu’à neuf médimnes macédoniennes […] Il leur faut cinq Maris de vin (environ 8 litres) »
Malheureusement ce texte fut longtemps pris au pied de la lettre, alors qu'Aristote décrivait plutôt le menu des éléphants de guerre qu’il fallait enivrer avant le combat.
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