Eric à la Hache Sanglante
VIKINGSPERSONNAGES
12/28/20253 min read
Éric à la Hache sanglante (vers 885–954), le norvégien.
Ou Eiríkr blóðøx, un pseudonyme qui annonce une biographie des plus alléchantes : ce surnom évoque-t-il ses exploits guerriers, ou, plus surement, l’assassinat préventif de ses 18 (!) frères et demi-frères pour éviter que le trône ne lui soit contesté ?
Rappelons rapidement les difficultés que rencontrent les historiens pour interpréter les sagas vikings et valider certains événements souvent exagérés ou même inventés. Cependant la plupart des actions de la vie d’Éric à la Hache Sanglante semblent étayées.


Harald à la Belle Chevelure
Éric à la Hache Sanglante, né vers l’an 885, était un des nombreux fils de Harald à la Belle Chevelure, le premier « roi de Norvège » : ce dernier, après avoir soumis les petits royaumes locaux, avait instauré une monarchie forte mais, en raison du grand nombre de ses fils, sa succession risquait de poser problème et compromettre son unification.
Les sagas nordiques, bien que postérieures aux événements, décrivent une jeunesse marquée par des expéditions guerrières et une réputation de cruauté précoce. Dès les années 920, Éric participe à des raids vikings, notamment au nord de la Russie actuelle, où il se distingue par sa bravoure et sa férocité.
À la mort de Harald vers 930, Éric s’empare du trône de Norvège, mais son règne est immédiatement contesté. Selon les sagas, il aurait assassiné plusieurs de ses frères pour éliminer la concurrence, ce qui lui vaut le surnom de « fratris interfector » (tueur de frères) dans les textes latins. Certaines sources évoquent jusqu’à dix-huit fratricides, bien que ce chiffre soit probablement exagéré.


Eric à la Hache Sanglante
Seul son frère Håkon le Bon réussit à échapper au massacre : celui-ci se trouvait en Angleterre, à la cour du roi Aethelstan, où il fut élevé. Ce roi Aethelstan était un grand spécialiste des princes (et non des princesses, ça change) en détresse.
Ainsi en Angleterre, Håkon le Bon put croiser le carolingien Louis, fils du roi Charles le Simple, et neveu d’Aelthelstan, qui parviendra à reprendre le pouvoir en Francie sous le nom de Louis d’Outremer, surnom qui rappelle son exil sur les côtes britanniques, mais également le petit-fils du dernier roi de Bretagne, Alain Barbetorte, qui lui aussi sera restauré quelques années plus tard.
Jamais deux sans trois : Hakon le Bon, rappelé par les opposants à Éric, prendra également le pouvoir en Norvège. On peut donc tirer deux conclusions de ce renversement de pouvoir: Eric à la Hache Sanglante était peut-être un visionnaire et avait bien fait de se méfier de ses frères et demi-frères ; pour se maintenir sur le trône, il n’aurait pas dû s’arrêter en si bon chemin, à seulement 18 assassinats. Voilà où mène un travail bâclé !


Aethelstan
Bien que son royaume se soit limité principalement à l’Ouest de la Norvège, Éric est contraint à l’exil après seulement deux ans de règne. Chassé de Norvège, il se réfugie d’abord dans les Orcades, puis en Angleterre, peut-être aidé par le spécialiste des princes en détresse: le roi Aethelstan de Wessex (encore lui !).
Les différentes sources n’étant pas toujours cohérentes entre elles, il semble qu’Eric à la Hache Sanglante, soit parvenu à règner sur le royaume viking de Jorvik (York), mais également sur la Northumbrie, royaume anglo-saxon, situé au nord de l’Angleterre. Son gouvernement semble marqué par des conflits incessants, notamment avec le nouveau roi de Wessex Eadred, et avec le roi viking de Dublin, Olaf Kvaran. Les détails exacts de sa mort restent flous, mais elle a certainement été violente, à l’image de sa vie entière. Elle aurait eu lieu en 954 lors de la bataille (hypothétique?) de Stainmore.
Malgré ces zones d’ombre, Éric à la Hache sanglante reste un personnage emblématique de l’âge viking. Son règne, marqué par la brutalité et l’instabilité, reflète les bouleversements de son époque : la fin des raids, l’émergence des royaumes scandinaves et les conflits entre chrétiens et païens.
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