Les Avoués ? Qu'est-ce-que c'est?
VOCABULAIREVIE QUOTIDIENNE
12/12/20253 min read
L’avoué au Moyen Âge.
Qui n’a pas sagement appris et récité que, Godefroy de Bouillon, dans sa grande modestie, avait souhaité se faire appeler « Avoué du Saint-Sépulcre » à la fin de la première croisade… Un titre bien mystérieux comparé à « Roi de Jérusalem » que prit son successeur Baudoin et qui semblait pourtant plus simple et plus adapté.
Mais, au fait, c’est quoi exactement un Avoué au temps des Carolingiens ?


En préambule, il convient de ne pas confondre les Avoués du Moyen-Age avec les anciens Avoués de Cour d’Appel, dont la profession disparut le 1er janvier 2012, conséquence de la réforme annoncée en 2008 par la Chancellerie... sans que cela ne traumatise grand monde, ni ne perturbe grandement le fonctionnement des Tribunaux.
Comme l’avocat, son proche cousin, l’avoué vient du latin Advocatus et désigne un personnage important de l’organisation féodale et ecclésiastique : il s’agit d’un défenseur laïc chargé de protéger les biens et les droits d’une institution religieuse (souvent une abbaye) et de la représenter, pour les affaires séculières, c’est-à-dire non ecclésiastique, de la vie quotidienne.
Bien évidemment, l’avoué touche une rémunération sous forme d’impôt, ce qui explique que les seigneurs, et autres comtes, furent rapidement très friands de cette fonction, qui finit par se transmettre ou se céder comme les autres fiefs héréditaires de l’aristocratie.


L’institution de l’avouerie remonte à l’époque carolingienne, époque qui vit l’apparition de grands domaines ecclésiastiques, habités par des moines ou des clercs. Ces derniers ne pouvaient ni rendre la justice civile, ni, bien évidemment, combattre. La nécessité apparut donc de confier ces taches à des combattants laïcs, qui assurèrent désormais la défense des églises et des monastères, souvent menacés par les invasions vikings, ou les seigneurs locaux.
En plus de ces taches de protection militaire, l’avoué exerçait aussi une fonction judiciaire, en présidant le tribunal de l’avouerie, qui juge les affaires civiles et criminelles concernant l’institution protégée, en percevant des amendes ou en rendant justice au nom de l’abbaye, ainsi qu’une fonction administrative et économique, en participant à la gestion des domaines.
En échange de différents privilèges et bénéfices, notamment celui de terres et de revenus, l’avoué permet donc à l’Église de bénéficier d’une protection armée sans avoir à recourir à la violence directe et renforce le pouvoir des abbés et des évêques en leur offrant un appui militaire et politique.


Avouerie d'Anthisnes
Pour en revenir à l'avoué le plus célèbre, notre cher Godefroy de Bouillon, son modeste titre d’ "Advocatus Sancti Sepulchri", lui permettait donc d’assumer le commandement militaire de Jérusalem, d’exercer l’autorité judiciaire au nom du Patriarcat latin de Jérusalem et de prendre en charge la représentation diplomatique et la gestion des territoires conquis.
Un roi qui ne dit pas son nom.
En France, l’institution de l’avouerie, qui était devenue quasiment l’équivalent d’un fief héréditaire, déclinera à partir du XIIᵉ siècle : le renforcement des monarchies centralisées des Capétiens et des Plantagenêts réduira l’autonomie des seigneurs locaux, et donc des avoués.
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