Marozia ou la pornocratie pontificale.

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6/3/20263 min read

Marozia ou la pornocratie pontificale.


Avez-vous entendu parler de Marozia, souveraine officieuse de Rome, concubine et mère de Papes et véritable maitre de l’Eglise?

Au Xe siècle, l’Europe Carolingienne est plongée dans une période de fragmentation politique. Une femme va alors se distinguer par son influence sans précédent sur Rome et le Vatican, en profitant des alliances et intrigues familiales qui gangrènent alors la Ville Éternelle.
Fille de Théophylacte Ier, comte de Tusculum (ça ne s’invente pas !), Marozia naît vers 890 au sein d’une des familles les plus puissantes de Rome. À cette époque, la ville, bien que dépouillée de son statut de capitale impériale, reste le centre spirituel de la chrétienté. Cependant, le pape n’y est pas libre : les grandes familles romaines, comme les Theophylactes, contrôlent son élection et utilisent le Saint-Siège comme un outil politique et Marozia grandit dans un environnement où le pouvoir se négocie par l’argent, les mariages et les manipulations.

A 15 ans, elle épouse Alberic Ier de Spolète, un noble ambitieux qui domine une partie de l’Italie centrale. Ce mariage renforce l’emprise des Theophylactes sur Rome.

Après la mort de son mari, Marozia s’impose comme une figure dominante de la politique romaine. Elle entretient une relation avec le controversé… Pape Serge III, un ancien évêque déchu, qui revient au pouvoir grâce à l’appui de sa famille. De cette union naît un fils, Jean XI, qui, comme papa, deviendra lui aussi Pape en 931. Entre ces deux pontificats, Marozia soutient l’élection de Jean X, puis celle de Léon VI et Étienne VII, tous des hommes sous son influence. Elle contrôle alors l’Église, Rome et une partie de l’Italie centrale. Elle est même surnommée Senatrix Romanae (Sénatrice de Rome), un titre qui confirme son statut de véritable souveraine de la ville.

Lorsque son fils Jean XI accède au trône pontifical, Marozia est à l’apogée de son pouvoir. Elle dirige l’Église comme une dirigeante politique, imposant sa volonté sur les décisions religieuses et temporelles. Mais Jean XI, une fois adulte, cherche à s’émanciper de son influence. Le conflit est inévitable. Marozia est emprisonnée par son propre fils et enfermée au château Saint-Ange, symbole du pouvoir papal.
Libérée par son second mari, Hugues de Vérone, elle tente de reprendre le contrôle, mais échoue. Capturée une seconde fois, elle meurt en captivité vers 937, dans des circonstances mal connues. Peut-être a-t-elle fini ses jours dans un monastère.

Serge III

Cette époque trouble, incarnée par Marozia, est connue sous le nom de Pornocratie (c’est-à-dire le pouvoir des prostituées) romaine ou de Pornocratie pontificale. Elle est souvent considérée comme la période la plus sombre de l’histoire du Vatican.

Pour les chroniqueurs médiévaux, souvent des moines hostiles à son pouvoir, Marozia est une manipulatrice, une femme qui a utilisé son corps et son esprit pour corrompre l’Église. Séductrice impie, responsable de la décadence morale de Rome, Marozia peut également être considérée comme une pionnière : une femme qui a osé dominer Rome, le Vatican et défier les hommes de pouvoir.

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Rome, Saint-Pierre, Haut Moyen-âge
Rome, Saint-Pierre, Haut Moyen-âge

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